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Loi de Sergueï Magnitski sur la lutte contre la corruption et la défense des droits de la personne à l’échelle internationale

Titre complet:
Loi modifiant la Loi sur le ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement, la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants étrangers corrompus (loi de Sergueï Magnitski), la Loi sur les mesures économiques spéciales et la Loi sur la radiodiffusion

Résumé#

Ce projet de loi met à jour les lois canadiennes sur les sanctions et la radiodiffusion pour cibler les violations des droits de l'homme, la corruption et la "répression transnationale" (l'intimidation ou le préjudice causé par un État étranger à des personnes à l'étranger). Il élargit le champ des personnes pouvant être sanctionnées, ajoute des interdictions de visa pour la famille immédiate des personnes sanctionnées et exige plus de transparence de la part du gouvernement. Il interdit également ou révoque les licences de radiodiffusion pour les médias vulnérables à l'influence de certains acteurs étrangers sanctionnés ou reconnus comme génocidaires.

  • Ajoute la "répression transnationale" comme motif sanctionnable en vertu des lois sur les sanctions (JVCOFA et SEMA) (JVCOFA art. 4 modifié ; SEMA art. 4(1.1) modifié).
  • Exige que le ministre des Affaires étrangères publie un rapport annuel sur les droits de l'homme, y compris une liste de "prisonniers de conscience", avec des garanties de sécurité et de confidentialité (Loi sur le MAECD art. 10(4)-(6) modifiée).
  • Bloque les visas pour la famille immédiate des personnes sanctionnées, sauf si elles n'ont pas bénéficié matériellement ou financièrement (clause de famille immédiate nouvelle JVCOFA ; clause de famille immédiate nouvelle SEMA).
  • Mandate le dépôt de chaque ordre de sanctions avec une déclaration de preuves/critères, des étapes d'exécution, une coordination avec les alliés et le nombre de propriétés saisies ou restreintes (JVCOFA art. 5 ; SEMA art. 7(1)-(1.1)).
  • Exige que la GRC et le CANAFE partagent des informations pertinentes avec le ministre et fixe un délai de décision de 30 jours (JVCOFA art. 7.2, art. 7.21 ; SEMA art. 6.2, art. 6.21).
  • Interdit et exige la révocation des licences du CRTC pour les diffuseurs vulnérables à une influence significative de la part d'entités ou d'acteurs sanctionnés ou reconnus par le Parlement comme ayant commis un génocide (Loi sur la radiodiffusion art. 22(1.1), art. 24(4)).

Ce que cela signifie pour vous#

  • Ménages et communautés de la diaspora

    • Si vous êtes ciblé par un régime étranger au Canada (par exemple, menaces, harcèlement), le gouvernement pourrait sanctionner les responsables en vertu du nouveau motif de "répression transnationale" (JVCOFA art. 4 ; SEMA art. 4(1.1) modifié).
    • Les familles des "prisonniers de conscience" pourraient recevoir des mises à jour et des contacts plus réguliers, car le gouvernement doit faire un rapport annuel et décrire ses communications avec les familles et la société civile (Loi sur le MAECD art. 10(4)(b)-(c)).
    • Les membres de la famille immédiate des personnes sanctionnées pourraient se voir refuser des visas canadiens, sauf si le ministre estime qu'ils n'ont pas reçu de bénéfices matériels ou financiers de la part de la personne sanctionnée (JVCOFA famille immédiate ; SEMA famille immédiate).
  • Spectateurs et auditeurs

    • Certains canaux ou distributeurs soutenus par des étrangers pourraient perdre leurs licences CRTC existantes ou se voir refuser des renouvellements s'ils sont vulnérables à l'influence d'acteurs sanctionnés ou génocidaires ; le service pourrait cesser rapidement après révocation (Loi sur la radiodiffusion art. 22(1.1), art. 24(4)).
  • Travailleurs et entreprises

    • Les entreprises de médias et de radiodiffusion doivent évaluer les risques de propriété et d'influence liés à des acteurs étrangers sanctionnés ou génocidaires pour éviter la perte de licences (Loi sur la radiodiffusion art. 22(1.1), art. 24(4)).
    • Les entreprises exposées à des personnes, entités ou États sanctionnés encourent des pénalités plus élevées pour les infractions à la SEMA : amendes allant jusqu'à 100 000 $ et jusqu'à 3 ans d'emprisonnement (SEMA art. 8(a) modifié).
    • Les biens liés aux cibles sanctionnées peuvent être confisqués dans un délai déterminé ; les autorités doivent demander la confiscation dans les 12 mois suivant la saisie/restriction et disposer des biens confisqués dans les 30 jours (JVCOFA art. 4.4 ; SEMA art. 5.6).
  • Société civile et parlementaires

    • Les comités parlementaires peuvent recommander des sanctions ; le ministre doit répondre avec des raisons et publier la réponse en ligne, dans les délais parlementaires (JVCOFA nouvelle "Réponse à la recommandation du comité").
    • Chaque ordre de sanctions doit être déposé rapidement avec une déclaration de preuves/critères et d'actions d'exécution, augmentant la transparence (JVCOFA art. 5 ; SEMA art. 7(1)-(1.1)).
  • Professionnels de l'application de la loi et de la conformité

    • La GRC et le CANAFE doivent fournir des informations pertinentes au ministre lorsqu'ils ont des motifs raisonnables, y compris sur la base d'indices publics ; le ministre doit recommander une action au Cabinet dans les 30 jours (JVCOFA art. 7.2(3)-(4), art. 7.21(2)-(3) ; SEMA art. 6.2(3)-(4), art. 6.21(2)-(3)).
    • Les sanctions peuvent être alignées sur les décisions d'organisations qui incluent les Cinq Yeux et l'OTAN (SEMA art. 4(1.1)(a) modifié).

Dépenses#

Coût net estimé : Données non disponibles.

  • Aucun crédit, impôt ou frais directs n'est mentionné dans le texte du projet de loi. Données non disponibles.
  • Impacts administratifs probables pour Affaires mondiales Canada (rapport annuel ; dépôt), la GRC et le CANAFE (devoirs de partage d'informations), et le CRTC (examens de licences). Données non disponibles.
  • Augmentation potentielle des revenus d'amende en raison de pénalités résumées plus élevées de la SEMA. Données non disponibles.
  • Aucune note fiscale officielle identifiée. Données non disponibles.

Point de vue des partisans#

  • Renforce les outils contre l'intimidation étrangère des personnes au Canada en sanctionnant explicitement la "répression transnationale", couvrant les dissidents, les journalistes et les communautés de la diaspora (JVCOFA art. 2 ; art. 4(2)(e) ; SEMA art. 2 ; art. 4(1.1)(c)).
  • Comble les lacunes en étendant l'inéligibilité au visa à la famille immédiate des personnes sanctionnées, avec une garantie pour les membres de la famille non bénéficiaires (JVCOFA famille immédiate ; SEMA famille immédiate).
  • Augmente la transparence et le contrôle parlementaire grâce au dépôt obligatoire d'ordres et de déclarations de preuves, à la coordination avec les alliés et au comptage des saisies de biens (JVCOFA art. 5(1)-(2) ; SEMA art. 7(1)-(1.1)).
  • Accélère l'exécution avec des délais fixes pour la confiscation et la disposition des actifs liés aux cibles sanctionnées (JVCOFA art. 4.4(1)-(2) ; SEMA art. 5.6(1)-(2)).
  • Améliore l'action inter-agences en exigeant que la GRC et le CANAFE partagent des informations pertinentes et en fixant un délai de décision ministériel de 30 jours (JVCOFA art. 7.2(3)-(4), art. 7.21(2)-(3) ; SEMA art. 6.2(3)-(4), art. 6.21(2)-(3)).
  • Protège l'espace d'information du Canada en refusant ou en révoquant les licences de radiodiffusion vulnérables à l'influence d'acteurs étrangers sanctionnés ou génocidaires (Loi sur la radiodiffusion art. 22(1.1), art. 24(4)).

Point de vue des opposants#

  • Les interdictions de visa basées sur la famille peuvent être considérées comme trop larges et risquent de pénaliser des individus pour les actions d'autres, malgré l'exemption pour les proches non bénéficiaires (JVCOFA famille immédiate ; SEMA famille immédiate).
  • La publication d'une liste de "prisonniers de conscience" pourrait mettre en danger les détenus ou leurs familles, même avec des garanties de consultation et d'omission, et pourrait nuire aux efforts diplomatiques (Loi sur le MAECD art. 10(4)-(5)).
  • Des délais fixes pour la confiscation et la disposition des actifs pourraient mettre la pression sur les agences pour agir avant que les preuves ne soient pleinement développées, augmentant le risque de litiges et de possibles renversements (JVCOFA art. 4.4 ; SEMA art. 5.6).
  • Le test de la Loi sur la radiodiffusion - "vulnérable à une influence significative" - peut être subjectif, créant une incertitude pour les diffuseurs multiculturels ou de contenu étranger et des défis potentiels à la Charte (Loi sur la radiodiffusion art. 22(1.1), art. 24(4)).
  • Les nouvelles obligations pour la GRC et le CANAFE pourraient nécessiter de nouvelles ressources pour traiter les indices publics et respecter les délais de 30 jours ; aucun financement n'est spécifié (JVCOFA art. 7.2, art. 7.21 ; SEMA art. 6.2, art. 6.21). Données non disponibles.
  • Le préambule fait référence à une compensation pour les victimes, mais le texte du projet de loi n'établit pas de fonds ou de processus de compensation, donc les avantages pour les victimes pourraient être limités à moins qu'ils ne soient mis en œuvre en vertu d'autres lois (Préambule ; JVCOFA art. 4.4 ; SEMA art. 5.6).