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Loi favorisant la détention au lieu de la liberté sous caution

Titre complet:
Loi modifiant le Code criminel et la Loi sur le ministère de la Justice

Résumé#

Ce projet de loi modifie les règles de mise en liberté au Canada pour se concentrer sur la sécurité publique. Il ajoute davantage de crimes violents à la mise en liberté avec "onus inversé" (l'accusé doit prouver pourquoi il devrait être libéré). Il limite la mise en liberté par la police après une arrestation pour des affaires graves, renforce la mise en liberté après une condamnation et ajoute des règles de passeport pour les non-citoyens. Il exige également que le ministre de la Justice publie un rapport annuel sur la mise en liberté au Canada.

  • Remplace "retenue" par "protection et sécurité du public" comme principe principal de mise en liberté (Projet de loi : art. 493.1).
  • Élargit la mise en liberté avec onus inversé à davantage d'infractions criminelles violentes, y compris les armes à feu, la violence sexuelle, l'enlèvement/traite, l'incendie criminel, le vol et la violence contre les agents de la paix ou les premiers intervenants (Projet de loi : art. 515(6)(a) mises à jour).
  • Définit "infraction majeure" et empêche la police de libérer les personnes arrêtées pour une infraction majeure ; un juge doit décider (Projet de loi : art. 498, 499 ; définition à l'art. 493).
  • Exige la détention pour certains délinquants graves récidivistes et limite qui peut accorder la mise en liberté à un juge de la cour supérieure (Projet de loi : art. 515(11.1), 522).
  • Abaisse le critère de risque de "probabilité substantielle" à "raisonnablement prévisible" lors de la décision de savoir si la mise en liberté présente des risques de crimes ou d'interférence avec la justice, et exige de prendre en compte l'historique criminel (Projet de loi : art. 515(10)(b)).
  • Exige que les non-citoyens et les résidents non permanents déposent leurs passeports comme condition de mise en liberté ; les juges doivent considérer le risque de quitter le Canada (Projet de loi : art. 501(3.1), 515(3)(c), 515(6.2)).
  • Met fin à la mise en liberté une fois qu'une personne est reconnue coupable d'une infraction criminelle, à moins qu'elle ne prouve un motif de rester libre en attendant la sentence (Projet de loi : art. 518(3), 523(1)(a.1)).
  • Ordre d'un rapport fédéral annuel sur les résultats de mise en liberté, l'efficacité des conditions et les disparités (modification de la Loi sur le ministère de la Justice).

Ce que cela signifie pour vous#

  • Ménages et personnes accusées

    • Si vous êtes accusé d'une "infraction majeure", la police ne peut pas vous libérer après votre arrestation ; vous devez comparaître devant un juge (Projet de loi : art. 498, 499 ; définition à l'art. 493).
    • Si vous êtes accusé alors que vous êtes déjà en liberté pour une infraction majeure et que vous avez une condamnation pour une infraction majeure au cours des 10 dernières années, vous serez détenu. Seul un juge de la cour supérieure peut accorder la mise en liberté, et vous devez prouver un motif (onus inversé) (Projet de loi : art. 515(11.1), 522).
    • Les juges doivent accorder un poids primordial à la sécurité publique et peuvent détenir si l'on peut raisonnablement prévoir que vous commettrez une infraction ou interférerez avec la justice. Votre historique criminel et toute violation antérieure doivent être pris en compte (Projet de loi : art. 515(10)(b)).
    • Si vous êtes reconnu coupable d'une infraction criminelle avant la sentence, votre mise en liberté prend fin à moins que vous ne prouviez un motif de rester libre en attendant la sentence (Projet de loi : art. 518(3), 523(1)(a.1)).
    • Si vous cherchez un garant (une personne qui s'engage à vous superviser), cette personne ne peut pas avoir de condamnation criminelle dans les 10 dernières années (Projet de loi : art. 515(2.11)).
  • Non-citoyens et résidents non permanents

    • Vous devez déposer tous vos passeports pour être libéré, que ce soit par engagement de la police ou par ordre d'un juge (Projet de loi : art. 501(3.1), 515(6.2)).
    • Le juge doit considérer si vous pourriez essayer de quitter le Canada lors de la décision de mise en liberté (Projet de loi : art. 515(3)(c)).
  • Victimes, témoins, premiers intervenants et agents de la paix

    • La sécurité publique et la protection, y compris celle des victimes, des témoins et des mineurs, doivent guider les décisions de mise en liberté (Projet de loi : art. 515(10)(b)).
    • L'onus inversé s'applique aux infractions avec violence présumée contre les agents de la paix et les premiers intervenants (Projet de loi : art. 515(6)(a)(vii.7)).
    • De nouvelles conditions peuvent être utilisées lorsque cela est nécessaire pour la sécurité publique (Projet de loi : art. 501(3)).
  • Police et Couronne

    • Vous ne pouvez pas libérer des individus arrêtés pour des infractions majeures ; ils doivent voir un juge (Projet de loi : art. 498, 499).
    • Vous devez prendre les passeports des non-citoyens/résidents non permanents lorsque la mise en liberté est accordée (Projet de loi : art. 501(3.1), 515(6.2)).
    • Vous devez appliquer le nouveau principe de sécurité publique lors de la prise de décisions de mise en liberté (Projet de loi : art. 493.1).
  • Cours et corrections

    • Seuls les juges de la cour supérieure peuvent entendre certaines demandes de mise en liberté pour des affaires de récidive d'infractions majeures (Projet de loi : art. 522).
    • Plus de cas seront traités par la procédure de preuve de motif (onus inversé) en raison des infractions ajoutées (Projet de loi : art. 515(6) mises à jour).
    • La mise en liberté prend fin en cas de constatation de culpabilité pour des infractions criminelles, à moins que l'accusé ne prouve un motif (Projet de loi : art. 523(1)(a.1)).
  • Gouvernement fédéral

    • Le ministre de la Justice doit déposer un rapport annuel sur les résultats de mise en liberté, l'efficacité des conditions et les disparités d'accès entre différents groupes (Loi sur le ministère de la Justice, nouveau devoir de rapport).
  • Date d'entrée en vigueur

    • Données non disponibles.

Dépenses#

  • Coût net estimé : Données non disponibles.

  • Notes clés du texte du projet de loi :

    • Le projet de loi ne contient aucune affectation ou frais directs. Données non disponibles.
    • Nouveau devoir continu pour le ministère de la Justice de produire un rapport annuel sur la mise en liberté (modification de la Loi sur le ministère de la Justice). Données non disponibles.
    • Des impacts opérationnels pour la police, les tribunaux et les établissements de détention peuvent survenir en raison de :
      • Pas de mise en liberté par la police pour les infractions majeures (plus d'audiences dirigées par la justice) (Projet de loi : art. 498, 499).
      • Liste d'onus inversé élargie et règles de détention obligatoires (Projet de loi : art. 515(6), 515(11.1), 522).
      • Collecte et stockage de passeports pour les non-citoyens/résidents non permanents (Projet de loi : art. 501(3.1), 515(6.2)).
    • Impacts fiscaux quantifiés : Données non disponibles.

Point de vue des partisans#

  • Centre la sécurité publique dans les décisions de mise en liberté et aligne le processus sur les objectifs de protection (Projet de loi : art. 493.1 ; art. 515(10)(b)).
  • Maintient les délinquants violents à haut risque en détention en élargissant l'onus inversé aux infractions graves, y compris les armes à feu, la violence sexuelle, l'enlèvement/traite, l'incendie criminel, le vol et la violence contre les agents de la paix/les premiers intervenants (Projet de loi : art. 515(6)(a) mises à jour).
  • Vise la récidive violente en matière de mise en liberté en rendant la détention obligatoire pour les accusés qui commettent une infraction majeure pendant qu'ils sont en liberté et qui ont une condamnation récente pour une infraction majeure ; ajoute une surveillance de la cour supérieure (Projet de loi : art. 515(11.1), 522).
  • Abaisse le seuil de risque à "raisonnablement prévisible", facilitant la détention lorsqu'il existe des indicateurs concrets de risque et des violations antérieures (Projet de loi : art. 515(10)(b)).
  • Réduit le risque de fuite en exigeant la remise de passeports pour les non-citoyens et en pesant les tentatives potentielles de quitter le Canada (Projet de loi : art. 501(3.1), 515(3)(c), 515(6.2)).
  • Améliore la transparence et l'apprentissage des politiques grâce à un rapport fédéral annuel sur les résultats de mise en liberté, les conditions et les disparités (modification de la Loi sur le ministère de la Justice).

Point de vue des opposants#

  • Réduit l'accès à la mise en liberté et pourrait augmenter le nombre de personnes détenues avant le procès car :
    • La police ne peut plus libérer ceux qui sont accusés d'infractions majeures (Projet de loi : art. 498, 499).
    • Plus d'infractions sont soumises à l'onus inversé, et certains cas de récidive font face à une détention obligatoire (Projet de loi : art. 515(6), 515(11.1), 522).
    • Impacts quantifiés sur les populations en détention et la charge de travail des tribunaux : Données non disponibles.
  • Le nouveau critère de risque "raisonnablement prévisible" pourrait entraîner plus de détention préventive et moins de retenue individualisée par rapport au précédent test de "probabilité substantielle" (Projet de loi : art. 515(10)(b)).
  • Limiter qui peut agir en tant que garant (barre de 10 ans pour les condamnations criminelles) pourrait rendre la mise en liberté plus difficile pour certains accusés avec des réseaux de soutien limités, même s'ils présentent un faible risque (Projet de loi : art. 515(2.11)).
  • Le dépôt automatique de passeport pour les non-citoyens/résidents non permanents crée un traitement différent basé sur le statut et pourrait décourager le signalement ou la coopération des nouveaux arrivants (Projet de loi : art. 501(3.1), 515(6.2)). Données non disponibles sur les effets.
  • La mise en liberté uniquement par la cour supérieure dans des cas de récidive spécifiés pourrait mettre à rude épreuve les tribunaux supérieurs et retarder les audiences dans les petites juridictions (Projet de loi : art. 522). Données non disponibles sur la capacité.