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Le Québec exige des comités de transition juste en milieu de travail.

Titre complet:
Loi sur la mise en place en milieu de travail de comités paritaires de transition juste vers une économie écologiquement durable

Résumé#

Ce projet de loi du Québec obligerait de nombreux employeurs de taille plus importante à mettre en place un comité de travail conjoint sur une « transition juste » vers une économie plus verte. La « transition juste » signifie réduire la pollution tout en protégeant les emplois et en aidant les travailleurs à acquérir de nouvelles compétences.

  • S'applique aux employeurs dans des catégories définies par le gouvernement ayant 50 employés ou plus.
  • Crée un comité conjoint où au moins la moitié des membres sont des employés (et non des gestionnaires).
  • Le comité conseille sur la réduction des émissions et des déchets, la création d'emplois verts et des plans de reconversion équitables.
  • L'employeur doit consulter le comité sur les décisions connexes, partager les informations demandées, déposer un rapport tous les deux ans et répondre aux recommandations dans un délai de trois mois.
  • Les membres bénéficient de temps rémunéré pour les réunions et la formation ; l'employeur paie les coûts de formation et les frais d'experts raisonnables.
  • La loi entre en vigueur une fois que le gouvernement émet des règles détaillées (règlements).

Ce que cela signifie pour vous#

  • Travailleurs

    • Vous auriez une voix formelle sur les changements climatiques et d'emploi dans votre lieu de travail.
    • Au moins la moitié du comité est composée de représentants des employés. Chaque représentant bénéficie de jusqu'à 28 heures rémunérées par an pour travailler au comité, plus le temps de réunion pendant les heures de travail.
    • Vous pouvez obtenir une formation sur les questions de transition verte payée par votre employeur.
    • Le comité peut recommander des plans de reconversion et de transfert équitable d'emploi si votre emploi est affecté.
    • Vous conservez le droit de parler directement à votre employeur de ces sujets.
  • Employeurs (dans les secteurs couverts, 50+ employés)

    • Vous devez créer le comité et vous réunir au moins une fois tous les trois mois.
    • Vous devez consulter le comité avant de prendre des décisions liées à son mandat et convenir d'un calendrier raisonnable pour les retours.
    • Vous devez partager les informations demandées liées au travail du comité. Cela peut inclure des sources de financement, des investissements, des statistiques sur l'égalité des sexes, des activités sociales et culturelles, et des impacts environnementaux.
    • Si vous avez 50 employés ou plus, vous devez produire un rapport tous les deux ans sur des sujets que le gouvernement définira et le remettre au comité.
    • Vous devez payer la formation des membres et tout expert que le comité engage à un coût raisonnable.
    • Vous devez répondre aux recommandations du comité avec des raisons dans un délai de trois mois.
    • Les recommandations du comité nécessitent une « double majorité » (la majorité de tous les membres et la majorité des représentants des employés). Les recommandations sont consultatives ; vous devez répondre mais n'êtes pas obligé d'accepter.
  • Syndicats et représentation des employés

    • Dans les lieux de travail syndiqués, le syndicat accrédité désigne les représentants des employés. S'il y a plusieurs syndicats, ils sont censés s'accorder sur les choix.
    • Si les syndicats ne peuvent pas s'accorder, ou si certains travailleurs ne sont pas représentés, le gouvernement établira les règles de sélection par règlement.
    • Le nombre de représentants des employés augmente avec la taille du lieu de travail (par exemple, 3 représentants pour 50 à 150 employés ; 11 pour plus de 1 500).
  • Petits employeurs

    • Les lieux de travail comptant moins de 50 employés ne sont pas tenus de mettre en place un comité en vertu de ce projet de loi.
  • Calendrier et portée

    • Le gouvernement décidera quelles catégories d'employeurs sont couvertes et établira plus de détails dans les règlements. La loi entre en vigueur lorsque le premier règlement entre en vigueur.

Dépenses#

Aucune information disponible publiquement.

Point de vue des partisans#

  • Donne aux travailleurs et aux employeurs un forum structuré pour planifier des actions climatiques qui protègent également les emplois.
  • Encourage des mesures pratiques pour réduire les déchets et les émissions au niveau du lieu de travail, où de nombreuses décisions sont prises.
  • Soutient la reconversion afin que les travailleurs puissent passer à des emplois verts stables plutôt que d'être laissés pour compte.
  • Apporte plus de transparence en exigeant des employeurs qu'ils partagent des informations pertinentes et déposent des rapports réguliers.
  • La règle de la double majorité pousse les deux parties à trouver un terrain d'entente et à éviter les conflits.
  • Aide le Québec à atteindre ses objectifs climatiques tout en gardant à l'esprit l'équité sociale et économique.

Point de vue des opposants#

  • Ajoute des coûts et de la paperasse pour les employeurs de taille moyenne et grande (temps rémunéré, formation, frais d'experts, rapports).
  • Peut dupliquer des comités ou des processus existants dans certains lieux de travail (par exemple, comités de santé et de sécurité ou comités environnementaux).
  • Pourrait ralentir les décisions commerciales si les consultations prennent du temps ou s'il y a de nombreuses demandes d'informations.
  • Soulève des préoccupations de confidentialité concernant le partage de données financières ou opérationnelles détaillées avec un comité.
  • Laisse une incertitude jusqu'à ce que les règlements définissent quels employeurs sont couverts et ce qui doit figurer dans le rapport biennal.
  • Le nombre fixe de représentants des employés et les allocations de temps fixes peuvent être rigides pour certains lieux de travail.