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Le Québec garantit un foyer de soins primaires.

Titre complet:
Loi visant principalement à instaurer la responsabilité collective quant à l’amélioration de l’accès aux services médicaux et à assurer la continuité de la prestation de ces services

Résumé#

  • Cette loi du Québec vise à offrir à chaque personne admissible un foyer pour les soins primaires et à améliorer l'accès aux services médicaux. Elle modifie la façon dont les médecins sont rémunérés, ajoute des primes collectives pour atteindre des objectifs d'accès et établit des règles pour maintenir les services en cas de conflits.
  • Changements clés :
    • Chaque personne admissible sera affiliée à une pratique locale (clinique, CLSC ou autre cadre de groupe). Les médecins de famille dans ce cadre sont responsables du suivi ; les infirmières praticiennes peuvent également fournir des soins.
    • Le gouvernement peut établir des modèles de rémunération par règlement. Les médecins de famille reçoivent un paiement par capitation (par patient, par trimestre), ajusté en fonction du niveau de « vulnérabilité » de la personne, ainsi que d'autres éléments de rémunération pendant une transition.
    • Une prime collective pouvant atteindre 15 % de la rémunération des médecins est liée aux objectifs d'accès et de qualité (comme les temps d'attente aux urgences, les retards chirurgicaux, l'offre de rendez-vous). Les primes sont calculées pour des « collectivités » de médecins à l'échelle nationale, territoriale ou locale.
    • Limites sur les frais facturés aux patients assurés : le gouvernement peut plafonner ce que les médecins non participants peuvent facturer, pas de « paiement pour un accès privilégié », et une facture détaillée doit être fournie pour tout paiement.
    • Nouveaux outils pour assurer la continuité : le ministre peut exiger des horaires hebdomadaires dans certains cadres, arrêter les actions concertées qui réduisent l'accès et appliquer des pénalités en cas de non-respect des règles.
    • Les accords actuels des médecins sont prolongés jusqu'au 31 mars 2028, avec des enveloppes budgétaires fixées et des tarifs ajustés.

Ce que cela signifie pour vous#

  • Résidents et patients

    • Vous serez affilié à un cadre de soins primaires à proximité à partir de 2026. Cela vous donne un « point de départ » pour le suivi et la coordination.
    • Vous pouvez demander à changer votre affiliation. Vous pouvez être désaffilié si vous déménagez hors du Québec ou dans d'autres cas définis.
    • Les soins restent couverts. Les médecins ne peuvent pas vous facturer pour être « pris en charge » et ne peuvent pas vendre un accès plus rapide au-delà des limites fixées. Si un paiement est demandé, vous devez recevoir une facture détaillée.
    • Les objectifs des urgences et de la chirurgie sont intégrés aux primes des médecins. Au fil du temps, le plan vise à réduire les temps d'attente entre le triage et le médecin aux urgences, à diminuer le temps total passé aux urgences, à accélérer les lectures d'imagerie et à réduire les attentes pour les consultations spécialisées et les chirurgies.
    • Les hôpitaux et les réseaux de santé peuvent utiliser votre nom et vos coordonnées pour demander des dons, mais vous pouvez vous désinscrire.
  • Médecins de famille et équipes de soins primaires

    • Vous recevez collectivement une capitation pour les patients affiliés, ajustée en fonction du niveau de vulnérabilité (besoins plus élevés, taux plus élevé). Les médecins d'une pratique peuvent établir des règles pour diviser la capitation entre eux.
    • Pendant la transition (à partir du 1er avril 2026, dans les bureaux, CLSC et certains cadres de groupe), la rémunération est composite : capitation + taux horaire + primes pour certains services (y compris en personne, télésanté, visites à domicile, visites de groupe et consultations interprofessionnelles).
    • Vous devez envoyer les diagnostics utilisés pour déterminer la vulnérabilité des patients à la RAMQ. Des données fausses ou manquantes peuvent entraîner des remboursements, des pénalités administratives ou des amendes.
    • Les leaders de pratique peuvent recevoir des « jetons » que la RAMQ verse pour des tâches administratives définies (par exemple, la gestion des départements de médecine familiale ou des GMF).
  • Spécialistes médicaux

    • Une prime collective s'applique également aux spécialités, avec des objectifs pour les temps d'attente des consultations, les retards chirurgicaux, les temps d'interprétation d'imagerie et les plans de couverture par spécialité.
    • Les services de télésanté sont rémunérés par le temps avec des tarifs fixés par tranche de 5 minutes lorsqu'ils sont fournis depuis le Québec.
  • Cliniques, hôpitaux et Santé Québec

    • Santé Québec fixe des chiffres d'admission trimestriels par niveau de vulnérabilité pour chaque cadre de pratique et doit garantir le respect des obligations de suivi pour les patients affiliés.
    • Les départements doivent prioriser l'affiliation des personnes plus vulnérables jusqu'en 2026 et allouer les personnes en proportion de la capacité de chaque pratique.
    • Les hôpitaux suivront de nouveaux plans de couverture nationaux par spécialité (premières versions prévues en 2026).
  • Universités avec facultés de médecine

    • Doivent maintenir les activités d'enseignement et de recherche pour les étudiants. Les subventions peuvent être partiellement retenues si elles ne prennent pas les mesures appropriées.

Dépenses#

Impact fiscal estimé : la loi rééquilibre la rémunération des médecins existants dans des enveloppes fixées et lie jusqu'à 15 % à la performance collective ; elle n'ajoute pas de dépenses illimitées au-delà des budgets publiés jusqu'en 2027-28.

  • Enveloppes de rémunération en médecine familiale (approximatives) :
    • 2025-26 : 2,748 milliards de dollars
    • 2026-27 : 2,243 milliards de dollars
    • 2027-28 : 2,281 milliards de dollars
  • Enveloppes de rémunération des spécialistes (approximatives) :
    • 2025-26 : 5,050 milliards de dollars
    • 2026-27 : 4,652 milliards de dollars
    • 2027-28 : 4,579 milliards de dollars
  • Les tarifs médicaux de base chutent à environ 86,96 % des niveaux de 2025 à partir du 1er janvier 2026 ; une partie de la rémunération est transférée aux primes collectives.
  • Des primes ponctuelles en 2027 et 2028 versent de 5 000 à 11 000 dollars par médecin si les objectifs provinciaux sont atteints.

Point de vue des partisans#

  • Garantit à chacun un « foyer » de soins primaires, ce qui devrait améliorer la continuité et réduire la pression sur les urgences.
  • Rémunère les médecins de famille pour leur responsabilité envers un panel de patients, et non seulement pour des visites individuelles, récompensant la prévention et le suivi.
  • Les primes collectives alignent tous les médecins sur des objectifs concrets : triage plus rapide aux urgences, chirurgies et temps d'attente d'imagerie plus courts, et plus de rendez-vous en médecine familiale.
  • Des outils plus solides maintiennent les services en fonctionnement et protègent la formation médicale pendant les conflits.
  • Des limites claires sur ce que les patients peuvent être facturés et une facture détaillée requise protègent les personnes assurées contre les factures surprises.
  • Utilise des données pour adapter les ressources aux besoins des patients selon le niveau de vulnérabilité.

Point de vue des opposants#

  • Des pénalités lourdes et des horaires fixés par le gouvernement peuvent sembler coercitifs, nuire au moral et réduire l'autonomie professionnelle.
  • Les nouveaux taux de capitation et horaires pourraient réduire les revenus de certains médecins, en particulier avec la réduction initiale des tarifs.
  • L'évaluation de la vulnérabilité repose sur des données administratives ; des erreurs ou un sous-reporting pourraient mal classifier les patients et affecter le financement.
  • Les primes collectives et les formules complexes peuvent pousser à la recherche de métriques au détriment des soins individualisés et ajouter de la paperasse.
  • L'affiliation automatique pourrait assigner des personnes à des pratiques qu'elles n'ont pas choisies ; changer d'affiliation peut être lent dans certaines régions.
  • Autoriser les sollicitations de dons en utilisant les coordonnées des patients, même avec une option de désinscription, peut ne pas être bien accueilli par certains.