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Prestation d'aide personnelle autodirigée

Titre complet:
Loi sur l’assistance personnelle autodirigée pour les personnes handicapées

Résumé#

  • Objet: créer un Programme d’assistance personnelle autodirigée pour les personnes handicapées, avec une aide financière pour engager des assistants choisis par la personne.
  • Administration: Retraite Québec gère le programme; le ministre de la Famille, des Aînés et de la Condition féminine supervise les rapports.
  • Admissibilité: résider au Québec et avoir un besoin d’assistance. Exclusion si on vit dans un « milieu de vie substitut » (p. ex. établissement ou ressource d’hébergement), sauf si on s’engage à déménager hors de ce milieu dans l’année.
  • Prestation: montant de base = taux horaire (fixé par règlement, concurrentiel) × heures d’assistance mensuelles. Versement en argent, mensuel, à partir du mois suivant la demande. Indexation annuelle.
  • Heures reconnues: déterminées par l’autoévaluation de la personne et l’évaluation d’un professionnel mandaté. Révision tous les deux ans.
  • Majorations possibles: assistance spécialisée (avec rapport médical), accompagnement pour gestion des services, paie et frais administratifs, formation des assistants, équipement et sécurité, assurance responsabilité de l’employeur, coûts de déplacement/sorties des assistants.
  • Prestataires: individus (y compris un membre de la famille) ou OBNL. Le prestataire peut faire tous les gestes que la personne ferait elle-même n’eût été de son handicap.
  • Droits et obligations: aide de Retraite Québec pour comprendre et demander la prestation; déclaration annuelle avec feuilles de temps; pièces justificatives pour les majorations. Possibilité de suspendre en cas d’absence de déclaration. Préavis écrit 10 jours avant une réduction/cessation liée à une situation non déclarée.
  • Cumul: la prestation peut s’ajouter à d’autres programmes et aides financières.
  • Recours: révision interne (médecin + professionnel du social), puis Tribunal administratif du Québec (TAQ), avec délais précis.
  • Entrée en vigueur: six mois après la sanction de la loi. À ce stade, il s’agit d’un projet de loi.

Ce que cela signifie pour vous#

  • Personnes handicapées

    • Plus de contrôle: vous choisissez qui vous assiste, quand et comment.
    • Aide financière mensuelle pour payer des assistants, incluant possiblement un proche.
    • Cumul possible avec d’autres programmes; montants non utilisés d’un mois reportables au mois suivant.
    • Démarches: demande à Retraite Québec, documents requis, parfois rapport médical; réévaluation des besoins tous les 2 ans.
    • Si vous ne pouvez pas gérer la prestation, elle peut être versée à une personne ou un organisme qui l’administre pour vous.
  • Proches aidants et assistants

    • Possibilité d’être rémunérés légalement pour l’assistance.
    • Formation et frais liés à l’emploi (paie, assurance responsabilité, équipement) peuvent être couverts par des majorations.
  • Organismes sans but lucratif

    • Nouvelle source de contrats pour offrir des services d’assistance personnalisée.
  • Si vous vivez en milieu de vie substitut

    • Non admissible, sauf si vous planifiez et mettez en place, dans l’année, une solution pour vivre hors de ce milieu.
  • Recours et service

    • Retraite Québec doit vous aider à comprendre le programme et à contester une décision.
    • Possibilité d’aller au TAQ si la révision ne vous satisfait pas ou tarde.

Coûts#

  • Aucune information publiquement disponible.
  • Le coût dépendra:
    • Du taux horaire fixé par règlement et du nombre d’heures reconnues.
    • Du nombre de personnes admissibles.
    • Des majorations (spécialisation, administration, formation, équipement, assurance, déplacements).
    • Des coûts d’administration à Retraite Québec.
  • Des économies potentielles sont possibles si le programme réduit l’institutionnalisation et la pression sur d’autres services, mais rien n’est chiffré.

Point de vue des partisans#

  • Renforce l’autonomie, la dignité et la participation sociale des personnes handicapées.
  • Offre de la flexibilité: choix des assistants, y compris la famille, et adaptation aux besoins qui évoluent.
  • Simplifie le financement: prestation en argent, indexée, cumulable avec d’autres aides.
  • Équité: admissibilité fondée sur le besoin d’assistance, sans égard à la cause du handicap, à l’âge ou à la situation financière.
  • Mécanismes de qualité et de recours clairs (aide à la demande, révision, TAQ).
  • Pourrait réduire la dépendance aux milieux de vie substituts et alléger le fardeau des proches aidants.

Point de vue des opposants#

  • Incertitude budgétaire et risque de dépassements si la demande est forte ou si le taux horaire est élevé.
  • Main-d’œuvre: difficulté à recruter et retenir des assistants, surtout en régions; risque de pénurie.
  • Qualité et contrôle: risque d’abus ou de prestations mal gérées; charge administrative pour les bénéficiaires (déclarations, pièces).
  • Chevauchement possible avec des services existants (soutien à domicile, chèque emploi-service), complexifiant le parcours.
  • Choix de Retraite Québec comme administrateur pourrait soulever des questions de capacité et de cohérence avec le réseau de la santé et des services sociaux.
  • Iniquités territoriales possibles si l’accès à des professionnels évaluateurs ou à des assistants varie selon la région.
  • Exclusion des personnes en milieu de vie substitut jugée trop stricte par certains, même avec la clause de transition.