Le projet de loi 598 modifie le Code civil du Québec pour mieux protéger l’enfant et le parent victimes de violence familiale.
Il retire toute présomption automatique selon laquelle l’exercice de l’autorité parentale par les deux parents est dans l’intérêt de l’enfant. Une « présomption » est une règle qui oriente la décision, sauf preuve contraire.
Il crée une présomption que confier la garde, exclusive ou partagée, à un parent reconnu auteur de violence familiale n’est pas dans l’intérêt de l’enfant. Ce parent pourra renverser cette présomption s’il prouve que la garde est dans l’intérêt de l’enfant et s’il offre des garanties concrètes de sécurité (mesures pour prévenir et faire cesser la violence).
Il ajoute une règle selon laquelle des allégations non prouvées de violence familiale, ainsi que tout comportement pour se protéger ou protéger l’enfant, sont présumés non pertinents contre le parent qui dénonce ou qui est victime, lors des décisions sur la garde ou l’autorité parentale.
L’entrée en vigueur est prévue à la date de la sanction de la loi.
Le tribunal ne part plus de l’idée que partager automatiquement l’autorité parentale sert l’intérêt de l’enfant.
Si un parent a été reconnu par un tribunal comme auteur de violence familiale (ou vise une déclaration judiciaire du même ordre), il lui sera plus difficile d’obtenir la garde. Il devra démontrer l’intérêt de l’enfant et prévoir des mesures de sécurité (ex.: visites supervisées, traitement, engagements clairs).
Si vous avez dénoncé de la violence, le fait que vos allégations ne soient pas encore prouvées, ou que vous ayez posé des gestes de protection (ex.: quitter le domicile, limiter des contacts), ne devrait pas être retenu contre vous pour décider de la garde.
Pour les enfants: la sécurité et l’intérêt de l’enfant prennent le premier plan, surtout en contexte de violence.
Pour les professionnels (avocats, intervenants, tribunaux): plus d’évaluations de risque, de plans de sécurité et de preuves sur la violence familiale seront requis.
Retirer toute présomption en faveur de l’exercice conjoint de l’autorité parentale pourrait, selon certains, affaiblir la coparentalité lorsque la violence n’est pas en cause.
La notion de « parent reconnu auteur de violence familiale » peut soulever des débats: quels critères, quelles décisions comptent, et pour combien de temps.
Les dossiers pourraient devenir plus complexes et plus longs, avec plus de litiges sur la preuve de violence et sur les « garanties suffisantes ».
Risque de restreindre la relation parent-enfant dans des cas de violence ancienne ou ponctuelle et résolue, si les tribunaux appliquent la présomption de façon trop large.
Pressions accrues sur les ressources publiques et communautaires (visites supervisées, programmes d’intervention).