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Le Québec réorganise les impôts, les loyers et les coûts de santé.

Titre complet:
Loi donnant suite à des mesures fiscales annoncées lors du point sur la situation économique et financière du Québec du 21 novembre 2024 et du discours sur le budget du 25 mars 2025 ainsi qu’à certaines autres mesures

Résumé#

  • Le projet de loi 99 du Québec est une importante loi fiscale qui met en œuvre des mesures annoncées dans la mise à jour économique du 21 novembre 2024 et le budget du 25 mars 2025. Il aligne également les règles du Québec avec les récents changements fiscaux fédéraux.

  • La loi ajuste plusieurs crédits d'impôt personnels et d'entreprise, ajoute un nouveau devoir de déclaration des actifs étrangers, modifie les règles sur les locations à court terme et met à jour les règles de la taxe de vente.

  • Changements clés :

    • Augmente le crédit non remboursable « prolongement de carrière » pour les travailleurs âgés à partir de 2025.
    • Abaisse la limite d'âge des enfants pour le crédit remboursable des frais de garde d'enfants de 16 à 14 ans (à partir de 2026).
    • Crée une nouvelle obligation de déclarer les biens étrangers détenus à l'extérieur du Canada (coût supérieur à 100 000 $), avec des pénalités significatives.
    • N'autorise la déduction des dépenses que pour les locations à court terme enregistrées ; seuls les jours enregistrés comptent.
    • Exempte le counseling thérapeutique et la psychothérapie de la TVQ ; élargit d'autres définitions de la TVQ.
    • Augmente le taux de la taxe sur les primes d'assurance à 9,975 % (contre 9 %) pour les primes payées après le 31 décembre 2026.
    • Augmente les exemptions de revenu utilisées pour calculer les primes du régime public de médicaments (RAMQ), réduisant ce que beaucoup paient (à partir de 2024).
    • Adopte des changements de style fédéral : limite plus élevée du Régime d'accession à la propriété, transferts intergénérationnels d'entreprise facilités, limites sur les déductions d'intérêts excessifs des multinationales, et une règle anti-évitement renforcée.
    • Ferme l'accès à certains incitatifs fiscaux (crédit de synergie ; certaines vacances fiscales pour les employés spécialisés) pour les nouveaux demandeurs après le 25-26 mars 2025.

Ce que cela signifie pour vous#

  • Travailleurs âgés

    • Plus grand crédit non remboursable « prolongement de carrière » à partir de 2025. Le montant est basé sur votre revenu de travail : jusqu'à 12 500 $, à partir de 7 500 $ de revenu de travail admissible, et réduit de 7 % du revenu au-delà de 56 500 $. Les montants seront indexés à partir de 2026.
  • Parents utilisant des services de garde

    • Le crédit remboursable des frais de garde d'enfants utilisera une limite d'âge plus basse. À partir de l'année d'imposition 2026, un « enfant » pour ce crédit signifie moins de 15 ans (et non moins de 17 ans). Si votre enfant a 15 ou 16 ans, vous ne pourrez plus demander ce crédit pour cet enfant.
  • Hôtes de locations à court terme (par exemple, sur des plateformes)

    • Si votre propriété au Québec est un hébergement touristique, vous devez être correctement enregistré. Pour les dépenses après le 31 décembre 2023, vous ne pouvez déduire les dépenses qu'en proportion des jours où l'unité est dûment enregistrée. Il existe une règle de grâce pour 2024 si vous vous enregistrez avant le 31 décembre 2024.
  • Acheteurs de maison pour la première fois

    • La limite de retrait du Régime d'accession à la propriété, alignée sur le fédéral, passe de 35 000 $ à 60 000 $. Les règles pour le Compte d'épargne pour la première maison (CEPH) sont clarifiées (par exemple, les intérêts crédités à l'intérieur du CEPH ne sont pas imposés lorsqu'ils sont crédités ; options de transfert et de survivant plus claires).
  • Personnes utilisant des services de thérapie

    • La TVQ ne s'applique plus au counseling thérapeutique et à la psychothérapie (lorsqu'ils sont fournis par des praticiens reconnus). Cela devrait réduire les factures du montant de la TVQ.
  • Personnes couvertes par le régime public de médicaments (RAMQ)

    • Des exemptions de revenu plus élevées utilisées dans le calcul des primes s'appliquent à partir de 2024. De nombreuses personnes et familles verront leurs primes du régime public de médicaments diminuer.
  • Personnes ayant des actifs à l'étranger

    • Un nouveau rapport annuel au Québec est requis si vous êtes résident du Québec (ou une entreprise ayant un établissement au Québec) et que le coût total de vos biens étrangers détenus à l'extérieur du Canada dépasse 100 000 $. Les délais s'alignent sur votre déclaration de revenus. Les pénalités pour non-dépôt intentionnel sont de 500 $ par mois (jusqu'à 12 000 $), ou 1 000 $ par mois après une demande formelle (jusqu'à 24 000 $). Après 24 mois, une pénalité supplémentaire de 5 % du coût total le plus élevé peut s'appliquer. Des déclarations fausses peuvent entraîner une pénalité de 24 000 $ ou 5 %, selon le montant le plus élevé.
  • Clients d'assurance

    • Les assureurs devront payer une taxe sur les primes d'assurance plus élevée (9,975 %) sur les primes payées après le 31 décembre 2026. La loi clarifie également les exemptions, y compris les paiements liés au Plan canadien de soins dentaires.
  • Propriétaires d'entreprise et employeurs

    • Transferts intergénérationnels d'entreprise : règles plus claires et plus flexibles pour transférer des actions à des enfants adultes, avec des délais de 36 à 60 mois pour céder le contrôle et la gestion et maintenir l'entreprise « active ».
    • Des limites sur les dépenses d'intérêts et de financement excessifs (EIFEL) s'appliquent désormais au Québec, similaires aux règles fédérales. Les montants non autorisés peuvent être reportés et déduits dans les années futures sous des limites fixées.
    • La règle générale anti-évitement du Québec est mise à jour, ajoutant un test de « substance économique » et des pénalités associées.
    • Le paiement électronique est requis pour les remises de TVQ de 10 000 $ ou plus (sauf si cela n'est pas raisonnablement possible).
    • Certains incitatifs fiscaux cessent d'accepter de nouvelles demandes après le 25-26 mars 2025 (crédit de synergie et certaines vacances fiscales pour le recrutement de travailleurs spécialisés). Les cas certifiés existants peuvent continuer selon les règles antérieures.
    • Médias imprimés : le crédit remboursable pour la transformation numérique est prolongé (les changements techniques et les délais varient selon le dossier).

Dépenses#

Impact fiscal estimé : Aucun total unique n'est publié ; le projet de loi mélange des mesures qui augmentent et diminuent les revenus et les dépenses.

  • Aucune information disponible publiquement.

Point de vue des partisans#

  • Aide à maintenir les travailleurs expérimentés sur le marché du travail avec un crédit plus important.
  • Facilite l'épargne et l'achat de la première maison (limite plus élevée du Régime d'accession à la propriété ; règles plus claires pour le CEPH).
  • Protège le logement et égalise les chances en niant les déductions fiscales pour les locations à court terme illégales.
  • Améliore l'accessibilité des services de santé mentale en supprimant la TVQ sur le counseling et la psychothérapie.
  • Réduit les coûts pour de nombreux bénéficiaires du régime public de médicaments en augmentant les exemptions de primes.
  • Aligne le Québec sur les règles fiscales fédérales, comblant les échappatoires (limites de déduction d'intérêts, anti-évitement renforcé) et améliorant l'équité.
  • Modernise l'administration (paiements électroniques) et cible le soutien fiscal là où il est le plus nécessaire en mettant fin à des crédits plus anciens et moins efficaces.

Point de vue des opposants#

  • Ajoute de la paperasse et des pénalités sévères pour la déclaration des actifs étrangers, augmentant le fardeau de conformité et le risque pour les contribuables.
  • La limite d'âge plus basse pour le crédit de garde d'enfants réduit le soutien pour les familles avec des adolescents de 15 à 16 ans.
  • Les nouvelles limites de déduction d'intérêts et une règle anti-évitement plus stricte ajoutent de la complexité et peuvent décourager certains investissements ou structures de financement.
  • L'augmentation de la taxe sur les primes d'assurance pourrait contribuer à des coûts d'assurance plus élevés pour les consommateurs.
  • La fin du crédit de synergie et des vacances fiscales pour les travailleurs spécialisés pourrait rendre plus difficile le recrutement de talents et nuire à certains secteurs.
  • Le refus de déductions pour les locations à court terme non enregistrées pourrait frapper durement les petits hôtes, surtout pendant la transition.